1.

Premier signe

La première fois que Matt Carter fut confronté à une sensation « d’anormal », c’était juste avant les vacances de Noël. Ce jour-là, il aurait dû se douter que le monde ne tournait plus rond, qu’il allait se produire quelque chose de grave. Mais quand bien même il aurait pris ce phénomène au sérieux, qu’aurait-il pu faire ? Pouvait-il imaginer à quel point tout allait changer ? Aurait-il pu l’en empêcher ? Certainement pas. Il n’aurait rien pu faire, sauf prendre peur, ce qui aurait été pire.

C’était un jeudi après-midi, l’avant-dernière journée de cours. Matt accompagnait Tobias et Newton dans La Tanière du dragon, une boutique spécialisée en jeux de rôles, wargames et autres jeux de plateau. Ils étaient partis du collège et marchaient dans les longues rues de Manhattan, à New York.

Matt, quatorze ans bien que sa taille lui en fasse paraître deux de plus, adorait se promener dans cette ville, entre les canyons de buildings étincelants. Il avait toujours possédé une imagination débordante, et dans ses moments de rêve il se disait que Manhattan était une forteresse d’acier et de verre, les centaines de tours protégeant ses habitants d’un danger extérieur. Lui se sentait un chevalier parmi d’autres, attendant le jour où l’aventure ferait appel à ses talents, sans se douter un instant que celle-ci allait prendre un tour inattendu, tout aussi implacable qu’angoissant.

— Il ne fait pas froid pour le mois de décembre, vous avez remarqué ? demanda Tobias.

Tobias était un garçon noir, assez petit, toujours actif : s’il ne tapait pas du pied ou n’agitait pas les doigts alors il parlait. Le médecin lui avait dit un jour qu’il était un « grand angoissé » mais Tobias n’y croyait pas, il débordait seulement d’énergie, point. Il avait un an de moins que ses camarades, et un vrai don pour les études, au point d’avoir sauté une classe.

Et une fois de plus il avait raison : les blizzards habituels à cette période de l’année n’étaient pas apparus et la température refusait de descendre au-dessous de zéro.

— Avec les scouts, continua-t-il, on va même aller camper dans le comté de Rockland pendant les vacances. Camper en plein mois de décembre !

— Lâche-nous avec tes scouts, protesta Newton.

Newton, au contraire, était aussi grand et costaud pour son âge qu’il manquait de subtilité, essentiellement tourné vers sa petite personne. Néanmoins il était un compagnon de jeux de rôles inestimable pour son imagination et son implication.

— N’empêche, c’est vrai ! insista Tobias. Ça fait deux ans de suite qu’on n’a presque pas de neige, moi je vous le dis : c’est la pollution, ça dérègle toute la planète.

— Ouais, eh bien en attendant, vous allez avoir quoi pour Noël ? demanda Newton. Moi j’attends la nouvelle Xbox ! Avec Oblivion, j’adore ce jeu !

— Moi j’ai demandé une de ces tentes qui se déplie toute seule quand tu la sors de son sac, répliqua Tobias. Des jumelles pour l’observation des oiseaux et aussi un abonnement à World of Warcraft pour l’année prochaine.

Newton fit la moue, comme si une tente et des jumelles ne pouvaient être des cadeaux acceptables.

— Et toi, Matt ? interrogea Tobias.

Matt marchait les mains dans les poches de son manteau noir qui ondoyait dans le vent. Ses cheveux bruns mi-longs lui fouettaient le front et les joues. Il haussa les épaules :

— Je ne sais pas. Et je crois que cette année, je préfère l’ignorer. J’aime bien les surprises, c’est plus… magique, dit-il sur un ton qui manquait de conviction.

Tobias et Matt se connaissaient depuis l’école primaire, et Tobias comprit que ce Noël-ci aurait une saveur particulière pour son ami : ses parents venaient de lui annoncer qu’ils se séparaient. Au début, fin novembre, Matt avait pris la nouvelle avec philosophie, il n’y pouvait rien, c’était la décision de ses parents et bon nombre de ses copains vivaient ainsi, un coup chez leur père, la semaine suivante chez leur mère. Puis, au fil des semaines, Tobias l’avait vu s’étioler à mesure que les cartons s’entassaient dans l’entrée en vue du déménagement, prévu pour le début d’année. Il était moins concentré pendant leurs parties de jeux, et même pendant les cours, ses notes  – déjà pas extraordinaires  – s’étaient effondrées. La réalité du divorce le rattrapait.

Ne sachant que répondre, Tobias donna une petite tape amicale dans le dos de son camarade.

Ils descendaient Park Avenue, longeant le sillon du chemin de fer qui coupait l’artère en deux, et arrivèrent dans un quartier moins entretenu. Les trois garçons savaient que leurs parents n’aimaient pas qu’ils traînent dans ce coin. Des détritus jonchaient le trottoir et des tags s’étalaient sur les murs. Au croisement avec la 110e Rue, le trio tourna, presque rendu à La Tanière du dragon. Ici les immeubles étaient moins hauts, mais le soleil n’y descendait pas à cause de l’étroitesse de la voie. Les ombres des habitations rendaient l’endroit sinistre.

Newton désigna la devanture crasseuse d’une boutique dont la poussière opacifiait la vitrine. Seule restait lisible la pancarte flottant au-dessus de l’entrée : AU BAZAR DE BALTHAZAR.

— Alors les gars, vous êtes toujours des poules mouillées ?

Matt et Tobias échangèrent un bref regard. Le Bazar de Balthazar servait aux garçons du collège pour tester leur courage. Outre le lieu qui n’avait rien d’accueillant, c’était surtout son propriétaire qu’on craignait. Le vieux Balthazar détestait les enfants, à ce qu’on disait, et n’hésitait pas à les jeter dehors à grands coups de pied dans l’arrière-train. De là étaient nées nombre de légendes à son sujet et on ne tarda pas à entendre que le Bazar était hanté ! Personne n’y croyait, mais on prenait soin de ne pas s’en approcher. Pourtant, à la rentrée, Newton s’y était rendu, tout seul. Il en était ressorti après avoir passé les cinq minutes réglementaires pour réussir l’épreuve. C’était tout Newton ça : le besoin de prouver sa bravoure, quitte à faire des choses puériles.

— On n’a pas peur, fit Tobias. C’est juste que c’est débile cette histoire.

— C’est l’épreuve du courage ! rétorqua Newton. Sans ce genre de test, comment veux-tu prouver ta valeur ?

— On n’a pas besoin de ce genre de trucs idiots pour être courageux.

— Alors vas-y, prouve-moi que c’est idiot, qu’il n’y a rien à craindre et que tu es un homme, un vrai !

Tobias soupira.

— Il n’y a rien à prouver, c’est nul, c’est tout.

— Je savais que tu te dégonflerais, pouffa Newton.

Matt fit un pas en avant, vers la rue.

— OK, on va y aller, Tobias et moi.

L’intéressé ouvrit de grands yeux surpris.

— Qu’est-ce… qui te prend ? bafouilla Tobias.

— Puisque vous êtes deux, entama Newton, vous devez revenir avec quelque chose.

Tobias fronça les sourcils, tout ça prenait mauvaise tournure.

— Quoi ? Comment ça ? fit-il.

— Vous devez piquer un truc à Balthazar. N’importe quoi, mais revenez avec un objet. Et là, vous serez des braves, les mecs ! Vous aurez tout mon respect.

Tobias secoua la tête :

— C’est complètement idiot ce…

Matt l’attrapa par l’épaule et l’entraîna pour traverser avec lui la rue en direction de la vieille échoppe.

— Qu’est-ce que tu fais ? protesta Tobias. On ne doit pas y aller ! Newton est un crétin qui fait ça pour se foutre de nous !

— Peut-être, mais au moins il arrêtera avec ça. Viens, il n’y a rien à craindre.

Tobias marchait à ses côtés, profondément mal à l’aise à l’idée de faire quelque chose qu’il ne sentait pas. Matt n’aurait jamais fait ça avant que ses parents divorcent, songea-t-il. Il n’est plus le même. C’est comme le climat, tout fout le camp !

Matt marqua une pause devant la porte du bazar. Ce dernier semblait si vieux qu’il aurait pu être là à l’époque des Indiens. La peinture vert sombre de la façade s’écaillait, révélant un bois moisi. La croûte grise était si épaisse sur la vitrine qu’on ne pouvait même pas vérifier s’il y avait ou non de la lumière à l’intérieur.

— On dirait que c’est fermé, protesta Tobias avec une nuance d’espoir dans la voix.

Matt secoua la tête et posa la main sur la poignée.

La porte s’ouvrit en grinçant et ils entrèrent.

 

 

L’intérieur était pire que tout ce que l’on pouvait imaginer de l’extérieur. Des étagères en bois recouvraient les murs et encombraient la longue pièce dans tous les sens, la transformant en labyrinthe. Des centaines, des milliers d’objets s’entassaient pêle-mêle : bibelots, presse-papiers en forme de statuettes, bijoux aussi anciens que la boutique, livres à reliure de cuir craquelée, insectes séchés et punaisés dans des boîtes transparentes, tableaux noircis, meubles bancals, le tout recouvert d’une impressionnante couche de poussière, comme si personne n’y avait plus touché depuis des siècles. Mais au final, le plus surprenant était encore l’éclairage, réalisa Matt. Une seule ampoule nue, perdue au milieu de ce capharnaüm, et qui ne diffusait qu’une lueur chiche, abandonnant le reste de la pièce à sa pénombre mystérieuse.

— Oh, vraiment, je crois qu’on devrait sortir d’ici, chuchota Tobias en levant des yeux inquiets vers le plafond.

Sans un mot, Matt contourna la première série d’armoires ouvertes sur des collections de timbres, de papillons et de bocaux pleins de billes multicolores qui attirèrent tout à coup l’attention de Tobias.

Matt fouillait l’endroit du regard sans parvenir à détecter présence humaine. Le bazar semblait interminable et il crut percevoir un murmure provenant du fond.

Tobias lui saisit le bras :

— Viens, je crois qu’il vaut mieux sortir, je préfère que Newton me traite de poule mouillée que de voler un truc ici.

— On ne va rien voler, lui répondit Matt sans s’arrêter pour autant. Tu me connais, je ne suis pas comme ça.

— Alors qu’est-ce que tu fais là ? se désespéra Tobias.

Mais Matt ne répondit pas, occupé à marcher en direction des murmures.

Plus déstabilisant encore que le lieu qu’ils visitaient, le silence de Matt termina de paralyser Tobias. Il ne put rien ajouter, partagé entre une frousse tenace lui ordonnant de déguerpir, et une véritable fascination pour la multitude de billes qui brillaient doucement à travers leur récipient en verre. Combien y en avait-il ? Peut-être mille ou deux mille, impossible de savoir, certaines luisaient d’un éclat violet et orange ou noir et jaune, qui les faisait ressembler à des yeux monstrueux.

Tobias réalisa soudain que son camarade s’était enfoncé dans le magasin et, ne voulant pas rester seul, il s’élança dans ses pas.

Les billes pivotèrent pour le suivre du regard. Tobias se retint de hurler. Il se pencha vers elles. Rien. Toutes les billes étaient inertes, rien que des billes. Il avait rêvé. Oui, c’était ça : un effet d’optique ou tout simplement un tour de son cerveau à cause de l’angoisse. Il se redressa et retrouva des couleurs, rassuré. Il ne s’était rien passé. Tout allait bien, cet endroit n’était rien d’autre que le résultat du délire d’un vieil acariâtre. Oui, tout allait bien.

Tobias s’empressa de rejoindre son ami qui venait de disparaître derrière une pile de livres séculaires.

 

 

Matt avançait sur le plancher gondolé et le murmure devint plus audible. Une voix aux intonations contrôlées, semblable à celle des présentateurs de journaux télévisés.

À mesure qu’il s’en rapprochait, Matt prit conscience qu’il n’était pas là par hasard. En d’autres temps, jamais il n’aurait relevé le défi de Newton, il se serait contenté de l’ignorer, sans un mot. Matt avait toujours su se préserver de ce genre de bêtises, il avait le nez creux pour sentir ce qu’il fallait faire ou ce qu’il était préférable d’éviter. Et cette fois, précisément, il était en train de faire ce qu’il était préférable d’éviter. Pourquoi ? Parce qu’il était comme ça depuis plusieurs jours, plusieurs semaines en fait. Depuis que son père lui avait dit qu’il allait déménager du quartier, et qu’au début ils ne se verraient pas beaucoup. Ensuite, « lorsqu’il aurait tout arrangé », Matt viendrait vivre avec lui… si sa mère les laissait en paix. Matt n’avait pas aimé cette dernière remarque. Le lendemain, sa mère était venue lui faire un discours similaire : ils allaient vivre ensemble, même si son père disait le contraire. Ses parents avaient toujours été différents, elle plutôt campagne, lui très urbain, elle du matin, lui du soir, et ainsi de suite. Ce qu’ils appelaient auparavant leur « complémentarité » devenait tout à coup le symbole de leur déchirement : ils étaient le jour et la nuit. Bien sûr, il y avait Matt, leur soleil. Du haut de ses quatorze ans, le garçon avait su tout de suite vers quoi ils se dirigeaient : une guerre pour obtenir sa garde. Deux copains à lui avaient enduré cette épreuve. Un cauchemar.

Et qui dit que trop d’amour ne peut nuire ? avait ragé Matt. Ses parents allaient se déchirer pour lui. Depuis, il n’arrivait plus à être le même, ne parvenait plus à se concentrer, et ses propres réactions le surprenaient. Il n’agissait plus comme le Matt qu’il avait été.

Et il n’était pas ici par hasard. À chaque pas il distinguait un peu plus ses motivations réelles, celles qui le faisaient foncer vers ce qu’il était préférable d’éviter. Il voulait semer le chaos dans sa famille. Faire des choses idiotes pour que ça retombe sur ses parents et sur ses relations avec eux. Il voulait les faire souffrir comme ils le faisaient souffrir depuis un mois.

Matt s’étonna lui-même de cet éclair de lucidité.

Pourquoi je réagis comme ça ? C’est moi le crétin dans cette histoire ! Et pendant un instant, il fut tenté de faire demi-tour et de ressortir.

Il n’en eut pas le temps.

Il déboucha sur l’arrière-boutique où se trouvait un antique comptoir en merisier, un bois rouge recouvert d’une lourde desserte en marbre noir. Assis derrière, un vieil homme, au nez long et fin, presque chauve hormis deux touffes de cheveux blancs au-dessus de ses oreilles, écoutait une petite radio portative. Il se penchait en avant comme pour y coller le front, et ses minuscules lunettes rectangulaires semblaient sur le point de tomber de son nez. Sa tête pivota vers Matt sans que le reste du corps suive, et il toisa l’adolescent de haut en bas, l’air soupçonneux.

— Que fais-tu là ? dit-il d’une voix éraillée.

Ce type est tout droit sorti d’un film ! s’étonna Matt sans répondre à la question.

— Alors ? Je te parle ! insista le vieux Balthazar sans aucune gentillesse.

— Je… Je voudrais vous acheter quelque chose.

— M’acheter quoi ?

Matt palpa ses poches de jean à la recherche de son argent et sortit six billets de un dollar qu’il montra, toute sa fortune.

— Qu’est-ce que vous avez pour six dollars ?

Balthazar fronça les sourcils, et ses petits yeux noirs s’étrécirent encore. Il semblait sur le point d’exploser.

— Ici on vient quand on cherche quelque chose de précis ! tonna-t-il. Où te crois-tu donc ?

— Dans un… magasin, répondit Matt sans se démonter.

Cette fois Balthazar bondit de son siège. Il portait une grosse robe de chambre en laine grise par-dessus un costume poussiéreux comme son commerce. Il posa les mains sur le marbre du comptoir et se pencha pour fixer Matt droit dans les yeux :

— Espère d’insolent ! Je suis capable de trouver n’importe quoi pour peu qu’on y mette le prix, n’importe quoi tu m’entends ? Et toi tu me demandes ce que je peux te vendre pour six dollars ? Ça ne marche pas dans ce sens chez moi, je ne suis pas ce genre de magasin !

Matt commençait à se sentir moins vaillant, il n’avait plus du tout envie d’être ici et il allait décamper lorsqu’il remarqua un mouvement étrange sous la manche du vieil homme. Il n’eut que le temps d’apercevoir le bout d’une queue huileuse, marron et noire, qui frétillait, avant qu’elle ne remonte sous le tissu. Il resta bouche bée. Un serpent ? Ce cinglé avait-il un serpent enroulé autour du bras sous sa robe de chambre ? Cette fois il était grand temps de déguerpir.

Mais Tobias surgit dans son dos. Balthazar le vit et cette fois ses mâchoires roulèrent sous la fine peau de ses joues tant il fulminait.

— Et vous venez à plusieurs pour ça, morveux ? éructa-t-il.

Tobias ne put retenir un gémissement de peur lorsqu’il vit Balthazar se redresser et contourner son meuble pour venir vers eux. Matt fit deux pas en arrière lorsque Balthazar apparut tout entier. Ce qu’il vit lui glaça le sang : une autre queue de serpent dépassait de derrière la robe de chambre, cette fois beaucoup plus volumineuse, de la taille d’une grosse aubergine. Elle se tordit avant de remonter à toute vitesse comme si elle avait compris qu’on la voyait.

Matt entendit les pas de Tobias qui couraient vers la sortie.

— Vous allez me foutre le camp tout de suite !

Matt recula, de plus en plus vite, tandis que Balthazar fonçait sur lui. Puis il se mit à fuir, il slaloma entre les hautes étagères et vit enfin la porte qui se refermait sur le passage de Tobias. La lumière du jour qui filtrait par l’ouverture semblait lointaine, presque irréelle. Matt y parvint pourtant, tira sur la poignée et, sur le seuil, sans savoir vraiment pourquoi, il se tourna pour contempler l’antre de Balthazar.

Au bout de l’allée, dans la pénombre du bric-à-brac, le vieux bonhomme le scrutait également. Tandis que la porte se refermait doucement, Matt le vit sourire, content de lui. Et dans la dernière seconde, il vit distinctement une langue fourchue jaillir d’entre les lèvres de Balthazar, une langue tressautante de serpent.

Autre-monde 1 - L'Alliance des Trois
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